celle qui clôture l'hotel et nous separe de la route.
La mer est à quelques mètres à peine.
Deriere moi les vacanciers rencontrent les nouveaux arrivants, boient à leurs vacances...
Mes potes rigolent, prennent des cul-secs de Raki en cachette...
et moi je pense.
D'un sourire en coin, Ange-Line me regarde. Elle sait.
Elle seule sait a quoi, a l'unique chose à laquelle je pense à cet instant precis.
Je regarde le soleil fatigué de 7 heures du soir qui m'eblouit encore,
et me force à garder les yeux a demi-fermés.
Son reflet dans la mer à perte de vue, la mer que je ne peux m'empecher
de trouver scintillante, malgré le cliché, me donne l'impression d'onduler à son rythme...
Où est-il?Relit-il son texte du spectacle de ce soir, seul dans sa chambre?
Ou se prepare t'-il encore tout simplement avant de venir à ce cocktail de bienvenue?
Non suis-je bête...il est là deriere moi
à établir "le contact"avec les nouveaux vacanciers...
Je me retourne et le regarde.
Peut être trop puisqu'il tourne la tête vers moi et me
jette un de ces regards qui en disent si long...
C'est dans ces moments que je le trouvait beau, même parfait.
Sans rien qu'il ne me dise, je trouvais dans ses beaux yeux verts de la tristesse.
Blessé par la vie, par un simple regard il se confiait à moi.
Son ombre allongée sur le sol vient effleurer mes chevilles .
Ce qui semble traduire ses pensées, qu'il souhaiterai me rejoindre contre cette poutre
et me serrer dans ses bras tout en regardant l'horizon...
Rassurée par cette idée je me retourne à nouveau.
L'horizon, l'horizon, l'horizon, et plus que la conviction de vivre un rêve,
plus que cette vue qui m'emplit d'enthousiasme, d'un enthousiasme un peu amer car
face à ce paysage, dans cette athmosphere nostalgique, je suis seule.
Et je pense alors à ces 7 jours qu'il me reste ou au bout du compte je finirai seule, aussi.
Alors les souvenirs se bousculent, le NY, la piscine, le hamac, ses regards, ses baisers,
ses mots tendres, sa promesse...
Le soleil se planque et rompt le charme.
-Manon...
Je reconnait ce doux chuchotement qui m'est devenu si familier.
Fermant les yeux je souris, et je me retourne,
et me rend compte qu'il fait déjà bien nuit, plus de vacanciers,
plus d'Ange-Line, ni de cocktails...
Il est 2h17, je tire une derniere latte avant de jeter mon mégot
sur la route et je m'approche d'Aurelien qui me tend la main.
Delicatement, je depose la mienne au creux de la sienne et lui embrasse l'epaule.
Je me sens protégée. Je me sens aimée. Et je ne pense plus à rien.
Je suis avec Lui, c'est tout ce que je veux.


